Le processus de création est long et douloureux. C'est du moins le cas en ce qui me concerne. Et cette théorie prend tout son sens à mesure que le temps passe. Si je voulais l'apparenter à une sensation physique, je crois que cela pourrait être à la grossesse suivie de l'accouchement. Mais n'étant pas une femme je ne pourrais jamais en être vraiment sûr. C'est dans le déroulement que les deux phénomènes sont assez semblables. La graine est plantée, le germe fait son chemin jusqu'à la surface pour finalement éclater au grand jour. Donc pour être plus juste, je vais dire que c'est comme s'écrire sur la peau avec la pointe d'un clou rouillé. C'est incroyable la faculté qu'on peut avoir à créer dans la souffrance aussi bien mentale que physique. Ou à l'opposé dans un état d'euphorie et d'exaltation générale. Pour ma part je préfère me torturer l'esprit, car qu'elle soit consciente ou inconsciente il s'agit bien d'une démarche volontaire. Mon côté sadomasochiste est un précieux atout dans le déroulement de la démarche créative qui poussée à l'extrême est autodestructrice. Ce qui est intéressant c'est de voir à quel point un sentiment de malaise qu'on à tendance à fuir la plupart du temps dans la vie quotidienne peut être un terrain fertile dans un cadre artistique. C'est la loi du « répulsif-attractif » et elle régule et rythme toute ma vie.